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Blog sur les élections américaines 2008 et la candidature de Barack Obama - Comité français de soutien à Barack Obama

Le ralliement de Colin Powell à Barack Obama

L'auteur:

Sarah Valinsky

Professeur d'histoire des Etats Unis, spécialiste de la période contemporaine et des Noirs américains. Enseignante à l'université de Paris 13 et directrice du département de Langues Etrangères Appliquées.

Le dimanche 19 octobre 2008, le pire cauchemar des Républicains est devenu réalité. Ça ne va déjà pas très fort. Les sondages sont au plus bas… Des journaux nationaux, tels que le Chicago Tribune, le Washington Post, le Los Angeles Times… ont annoncé leur soutien à Barack Obama.

Mais voilà que maintenant Colin Powell, Républicain, ancien chef d’Etat major de George Bush Sr et ancien Secrétaire d’Etat de George Bush Jr lors de l’invasion d’Irak, a annoncé haut et fort qu’il se ralliait à Barack Obama. C’était dans l’émission « Meet The Press » (Rencontre avec la Presse) sur la chaîne de télévision NBC.

Colin Powell ne s’est pas contenté d’annoncer son ralliement. Il l’a motivé par une analyse des comportements des deux candidats et de ce qu’il perçoit comme les besoins de la nation américaine par ces temps troublés.

« Nous avons besoin aujourd’hui d’une figure transformationnelle », a-t-il justifié. Il a insisté sur le caractère « réformateur » et « fédérateur » du démocrate, sa « fermeté » et son potentiel pour « provoquer l’enthousiasme du pays et du monde ». Colin Powell a reproché à John McCain son manque de fermeté et de stabilité pendant la crise financière et également le choix de Sarah Palin comme colistière.

De plus, il a indiqué sa crainte que la Cour Suprême des Etats-Unis ne devienne encore plus conservatrice sous une présidence McCain/Palin. Le prochain président sera, en effet, amené à nommer au moins un, voir deux, nouveaux juges à la Cour Suprême.

George Bush a présidé à un durcissement conservateur du Parti Républicain, pour M. Powell. Cette tendance ne ferait que se renforcer avec John McCain. Selon lui, le Parti Républicain s’adresse à une base « de plus en plus étroite ».

Il faut rappeler qu’il y a treize ans, Colin Powell avait lui-même envisagé de se présenter à la nomination de Parti républicain. Il a lui aussi longtemps représenté le potentiel du Rêve Américain étant un fils d’immigrants jamaïquains. Il est né à Harlem, a été élevé dans le South Bronx et a fait ses études à la City University of New York avant de faire carrière dans l’institution militaire.

Ce ralliement à Barack Obama est pour Colin Powell une façon claire de se démarquer non seulement de l’administration Bush mais aussi des tendances les plus va-t-en guerre du Parti. Il lui permet aussi de revoir son rôle dans le déclenchement de la guerre en soutenant ouvertement un candidat qui fut dès le début un opposant à cette guerre.

Il faut dire aussi que Barack Obama n’a pas ménagé ses efforts pour s’entretenir avec Colin Powell en l’appelant de nombreuses fois dans les derniers mois et en lui demandant son avis non seulement sur les dossiers internationaux(Irak, Iran, Corée du Nord) mais également sur les questions intérieures (Education, Assurance maladie).

Colin Powell est inquiet du rôle des néoconservateurs qui conseillent John McCain en politique extérieure. Lui se considère comme un pragmatique et n’a pas ménagé ses critiques sur la conduite de la guerre depuis 2004.

Le ralliement de Colin Powell neutralise les accusations d’inexpérience du camp McCain. Un stratège républicain le définit comme « un verre de lait et des cookies pour ceux qui s’inquiètent la nuit du manque d’expérience d’Obama ». Colin Powell dit d’ailleurs : “L’expérience, ça aide mais ce qui importe, c’est le jugement”.

Il devrait dans tous les cas aider davantage le ticket Obama/Biden qui vient de battre tous les records en levant 150 millions de dollars uniquement en septembre.

Dans la foulée, Christopher Buckley, éditeur de la National Review, le magazine de la pensée néoconservatrice fondé par William Buckley, son père, en 1955, en a démissionné et a annoncé son soutien à Barack Obama. Comme quoi, même les plus conservateurs peuvent changer d’avis…

 

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3 commentaires pour “Le ralliement de Colin Powell à Barack Obama”

  1. Well put !

  2. Fatoumata dit :

    Hurrah for Barack obama!!!!!!!!!!

  3. yes he can!!

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