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Blog sur les élections américaines 2008 et la candidature de Barack Obama - Comité français de soutien à Barack Obama

La Chronique d’Adeline 4

L'auteur:

Adeline Guerra

Etudiante à Sciences-Po. Actuellement à Boston, elle chronique pour le comité l'actualité des élections.

10 jours nous séparent du verdict électoral américain. 10 jours qui ne sont ni plus ni moins qu’un sprint final. L’atmosphère est pourtant à la tranquillité pour un certain nombre d’Américains. Une certitude diffuse sur l’identité du prochain président des Etats-Unis. Barack Obama a l’air d’avoir tellement de chance statistiquement calculée d’être président qu’il pourrait, comme l’accusait John Mc Cain, déjà mesurer les fenêtres de l’a Maison Blanche pour y faire installer de nouveaux rideaux pour Michelle.

 Mais si nous avions tous torts ? Au-delà de notre vue partisane et de notre compréhension sélective des médias, pourquoi crier victoire alors même que ce type de procédé porte malchance. Loin des superstitions existe l’effet Bradley. On le déclare mort alors qu’il était bien vivant il n’y a pas si longtemps. L’absence de mesure de l’effet Bradley au niveau national ne facilite pas notre tâche, celle de savoir s’il s’agit d’un mythe ou de la réalité.

L’effet Bradley a été mentionné pour la première fois en 1982 lorsque le candidat démocrate Afro-Americain Tom Bradley a fait campagne pour devenir gouverneur de l’Etat de Californie. Ce dernier, alors qu’il était donné gagnant dans tous les sondages ante et post élection avait finalement perdu. Le candidat républicain contre lequel Tom Bradley faisait campagne était blanc et s’appelle George Deukmejian.L’effet Bradley serait donc un phénomène de sous-déclaration des intentions de vote de la part d’électeurs craignant d’être critiqués pour avoir fondé leur vote sur un critère racial.

La principale difficulté avec l’effet Bradley est que les spécialistes ne s’accordent pas sur les véritables causes de la défaite de Tom Bradley en 1982. S’agit-il simplement d’un effet de sous déclaration ou d’un ensemble de facteurs dont la prévalence semble difficilement discernable ? De nombreux journalistes laissent supposer que l’effet Bradley n’existe plus, ou qu’il est en tout cas mineur et qu’il n’entrera pas en jeu de manière significative pour l’élection présidentielle.

B.D Colen, ancien journaliste du Washington Post et professeur de journalisme au Massachusetts Institute of Technology et à l’université de Harvard considère que la plupart des électeurs capables de sous déclaration dans les sondages pour motif racial sont des électeurs républicains, et qu’il n’y a donc aucun souci à se faire. Ce dernier ajoute que le facteur racial n’entre pas en jeu dans cette élection pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la crise économique actuelle a propulsé Obama encore plus loin dans les sondages et permis un recentrage de la campagne présidentielle sur les questions de fond plutôt que sur la personnalité de chaque candidat (l’illustration la plus probante est l’impact négatif de la ligne d’attaque personnelle poursuivie par John Mc Cain contre Barack Obama depuis 1 mois).

  Toujours selon l’ancien journaliste qui aime souvent à le répéter avec un sourire narquois « Sarah Palin est à un arrêt cardiaque de la présidence des Etats-Unis ». Bien que cela fasse sourire et que la remarque soit brutale en elle-même, il n’empêche pas moins qu’il s’agit de la vérité. Sarah Palin a de nouveau perdu 10% d’approbation dans les sondages en deux semaines, ramenant le pourcentage de désapprobation de la colistière de John Mc Cain à 53%.

Quoi qu’il arrive, la fin de l’histoire reste que l’on est toujours seul. Le candidat, dont la solitude s’étend à l’extrême face à l’exercice du pouvoir, et l’électeur, seul dans la cabine de vote. C’est à ce moment là, celui que la plupart d’entre nous connaissent, qu’une partie du cours de l’histoire se joue, avec pour contingence absurde, le choix du morceau de papier que l’on glissera dans l’enveloppe. Solitude du choix et solitude dans l’exercice de la démocratie, car qui peut aujourd’hui prétendre que lorsqu’il pénètre dans l’isoloir, sa pensée va vers l’intérêt général et non son intérêt particulier, si ce n’est celui de son propre cercle ?

  Le but ici n’est pas de fustiger la démocratie actuelle qu’il s’agisse de notre République française ou de la République américaine. Nombreux sont ceux qui évoquent la crise de la démocratie –il s’agit d’ailleurs d’un thème récurrent dans les examens de fin de semestre des étudiants de Sciences Po- pourtant, la campagne électorale menée par Barack Obama reflète un dynamisme démocratique fort revigorant. Pour preuve, l’existence même du comité de soutien à Barack Obama en France, mené par Samuel Solvit. Faut-il aussi rappeler cette conférence sur « l’effet Obama en France » tenue à Paris en juin dernier et caractéristique de notre propre questionnement politique ? Si Barack Obama perd les élections présidentielles, il aura gagné à bien des égards.

La première illustration de sa victoire est sa capacité d’autofinancement, la plus spectaculaire de l’histoire des Etats-Unis, la deuxième, sa ténacité comme l’a prouvé sa longue bataille face à Hillary Clinton lors des primaires démocrates. La troisième, son influence et le nouveau souffle qu’il a su inculquer aux jeunes et ce au-delà des frontières. L’on pourrait continuer ainsi pendant longtemps.

La peur persiste pourtant. Tout comme la panique dans le monde financier semble difficilement se calmer malgré les tentatives de sauvetage par les Etats, la peur que Barack Obama ne soit pas élu est toujours perceptible en filigrane, derrière l’assurance affichée qu’il sera le prochain président des Etats-Unis. Comme l’explique Jody, une femme de ménage de la ville de Natick dans le Massachusetts, « Je suis en confiance pour Obama, mais je continuerai d’avoir un peu peur jusqu’au 4 novembre. (Cette élection) c’est un peu comme quand les Red Sox jouent, on ne sait jamais à quoi s’attendre. »

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3 commentaires pour “La Chronique d’Adeline 4”

  1. Chronique super 

  2. oui il faudra attendre 4 heures du matin au “cinequa” au Trocadéro pour entamer le petit dejeuner dnas le délire de joie !!!!!!!!
    le cas “bardley” hante les esprits mais comme l’analysaient le choniquers de France culture le matin, au 8=>9 la situation est bien différente. Si Barack ne gagne pas cette fois il faudra attendre des … années pour retouver une situation pareille et c’est bien ce qui hante le monde démocratique
    on va voir si les “Cosmocrates” de Jean Ziegler sont inatteignables ou pas car je crains que ce sont eux , en grande partie qui ont déclenché le Tsunami financier en tentant de créer la peur et appeler l’amérique à se replier sur elle même avec les républicains (l’effet bradley?) et en retirant leur fortune et attendant de voir pour assurer leur propre avenir
    question : ou sont les milliards qui ont été retirés et fait chuter la bourse, sont ce les milliards prêtés maintenant aux gouvernements pour sauver les “sauver eux mêmes” en gagnant par dessus la manoeuvre, les intérêts ? encore gagnants les cosmocrates, ce sont eux qu’il faut craindre pas l’effet bradley !
    Ce qui est sûr c’est qu’il va falloir épauler solidement Barack après, car les cosmocrates seront toujours là …
    *je parierai que Lehman a retiré son magot et l’a placé au chaud en attendant …
    prenons la citation de John Steinbeck qui chaque matin en se levant à Salinas disait , “à L’Est d’Eden, le soleil se lève chaque matin ” (il n’aimait pas voir le soleil couchant sur le pacifique car c’était synomime pour lui de déclin récession dirait-il aujourd’hui
    Régis MOuvement DEMocrate MODEM

  3. Moi aussi, je m’interroge si l’effet bradley peut encore jouer en la défaveur de Obama. Mais depuis près 25 ans, les choses ont quand même un peu changer. Il ne nous reste plus qu’un peu plus de 10 jours à attendre…

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